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C'est un objet pionnier, qu'on produit François-Romain Dumont et Jean-Baptiste Miel. À mi-chemin entre de DVD-Rom et le documentaire musical, ce Sonorama du sud du Bénin est jubilatoire. Soit trois heures et demie de vidéo et de musiques, une heure et demie d'interviews, 300 photos. Un travail, fruit d'une curiosité, d'une passion et d'une bonne dose d'ingénuité tant il a été réalisé avec des moyens modestes (46.000 euros) eut égard aux coûts des produits numériques. Au départ, ses promoteurs font leur coopération au CCF de Cotonou, l'un comme graphiste, l'autre comme régisseur-programmateur. Ils écoutent des artistes, achètent des cassettes, prennent des notes et des photos, cherchent à comprendre la richesse culturelle qui les entoure. Subjugués, après leur coopération, et durant quatre années, ils vont poursuivre leur quête et se livrer à une sorte d'ethnomusicologie, sollicitant un anthropologue canadien ici, l'Agence intergouvernementale de la Francophonie là, afin de réaliser la production de ce "docurom' dont ils n'imaginaient pas que ce serait si difficile. Un travail patrimonial éminemment respectueux, lequel grâce à ses 37 modules interactifs permet de découvrir des musiques au plus intime de leurs contextes (familiaux, festifs, sacrés) qu'il s'agisse d'une sortie de zangbétos, d'un club familial dominical, de funérailles, de cérémonies vaudous, ou des stars de la musique locales.
Franck Tenaille
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