Le crapaud au pays des trois lunes

Conte musical d’après une idée originale de Moïra Conrath, histoire écrite par Olivier Prou, illustrations de Ivan Sollogoub.

Si on a la chance d’écouter un CD avant de regarder le livret, par exemple parce que l’on est en voiture et qu’il n’est pas prudent de lire en conduisant, alors on aborde le conte et sa musique par l’oreille et non par l’œil. C’est ainsi qu’à la fin de l’histoire, on découvre ce que l’on avait peut-être subodoré, sans toutefois le définir avec précision. Le livret confirme alors l’impression première : il s’agit, en compagnie de ce crapaud, d’écouter la sensation induite par la voix des récitants et la résonance des chants en relation avec la propre histoire du héros. On s’embarque avec « la matière sonore de la langue », comme dit le commentaire, qui ajoute : « quand le son devient parole, nul besoin alors d’en comprendre les mots ». Ces chansons collectées en divers lieux sont un langage qui épouse les battements du cœur. Elles accompagnent l’aventure de ce crapaud qui court après une image de lui et qui ne lui octroie que des déceptions, jusqu’au moment où il s’accepte tel qu’il est. Il peut alors faire l’expérience d’un bonheur qui n’est plus un mirage narcissique mais la rencontre de quelqu’un qui lui apprend à bien aimer la peau dans laquelle il est. C’est d’ailleurs ce que lui chantait la terre entière en musique.

À lire aussi…