Dans les bois

Par Tartine Reverdy

Quand on écoute un disque de Tartine, on suppose qu’elle doit avoir une entrée secrète dans l’école de son village. On l’imagine silencieuse au fond de la classe en train de prendre des notes, et on se demande si elle a des conversations ailleurs que dans une cour de récréation et si elle mange ailleurs que dans une cantine. Chaque fois qu’elle aborde un thème, un sujet grave comme l’écologie ou un rêve comme celui de construire une cabane dans les bois, l’histoire du roi Louis sous son chêne ou celle des immigrés sous une tente, on est dans l’univers vrai des réflexions de l’enfance. Elle est à la fois capable de s’interroger sur les sujets sérieux des grands et sait en même temps être moqueuse avec délicatesse dans la distribution des bon points et aussi des mauvais points pour le grand-père qui mange des tomates en plein hiver, mauvais points qu’elle s’accorde aussi quand elle découpe les limaces au sécateur (à mon époque, on arrachait les ailes des mouches ou des hannetons). Musicalement les voix et les arrangements font des trois artistes à l’œuvre un véritable trio indissociable, où des invités peuvent aisément trouver place le cas échéant. Je ne sais pas si un chant de coquelicot fait pousser l’amour (chansons qui termine le disque), mais une chanson de Tartine fait pousser l’amour de la chanson et fait grandir l’envie de chanter avec elle.

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