L’Engoulevent
Entre engrenages mécaniques et tourbillons organiques, L’Engoulevent de Clément Vercelletto fascine immédiatement par son originalité sonore. Le nom de l’album – celui d’un oiseau – est aussi le nom de l’instrument utilisé, conçu par le luthier Léo Maurel : un petit orgue fantastique, piloté par ordinateur mais parfois aussi joué en direct au clavier par le musicien, reconfigurable suivant les besoins, ici disposé en quantité égale de tuyaux d’orgue et d’appeaux. On lui doit ces riches textures qui plongent l’auditeur.rice dans une écoute contemplative, en immersion dans une dense forêt de bruissements, cliquetis et petits cris.
Complété par moments par un synthétiseur modulaire, l’engoulevent revêt l’aspect d’un orgue de barbarie qui appartiendrait à une culture non identifiée ou à une autre espèce, à un écosystème inconnu. Malgré le caractère répétitif de la construction, chaque seconde est différente de la précédente par mille détails, autant de petites étincelles auditives qui crépitent en continu au fil des pièces, un art prononcé du paysage sonore fantasque, mais pourtant familier.
Guillaume Kosmicki
Informations et écoute ici : https://unjenesaisquoi.bandcamp.com/album/lengoulevent